Archive pour mai 2008

Hamida Lamèche (est une usine qui) pète le feu

Lundi 12 mai 2008

NB : Dans les sujets épineux tout avis est respecté. Ames sensibles s’abstenir, sinon bonne vague…

Hamida a connu une journée fatigante, son patron l’a stressé, le coiffeur lui a foiré sa frange et son brushing ressemble plus à un milk-shake barbu. Heureusement qu’elle a plus ou moins remédié à la situation en tartinant sa texture chevelue avec 3 pots de Gel… Sa nouvelle coupe favorise ce qu’on appelle dans le jargon Hamidien ‘‘un gratin capillaire’’ et qui consiste à se gratter les cheveux maladivement toutes les cinq minutes.
En quittant le bureau, H.M s’achète des clopes puis passe récupérer sa nouvelle colocataire, Tissouwa, en voiture pour aller commander un lit aquatique. Il est inutile de souligner que Hamida conduit comme une mamy de 80 balais, mais comme toute personne en déphasage avec la normalité, elle réussit à traduire ses coups de speed émotionnalistes en se défoulant sur l’axe-zélé-rateur. Chose qui rend la suite de cette chronique périlleuse (prévoyez des casques) et la circulation, difficile. D’autant plus difficile avec ces bus qui grillent les feux au risque de tuer des enfants et des femmes enceintes. (Retrouvez cette dernière phrase dans la prochaine parodie trash, ‘‘Les Télétobbis’’).

Deux croisements et un grattage plus tard, Lamèche et sa copine se retrouvent bloquées à cause du passage alarmant d’un véhicule de la protection si vile. Elles empruntent alors un raccourci… Mais au détour de leur périple, l’inépluchable Hamida a carrément songé à simuler l’arrêt cardiaque pour intéresser l’un des pompiers. Bien qu’elle soit forte en simulation, Lady Mentoufa laissa tomber car en matière de sauvetage, elle préfère un bouche-à-bouche avec David Charvet plutôt que de se faire peloter par un moustachu. Après tout, les coups et les douleurs ça se discute pas !
Derrière son sens (imberbe) de l’humour, Hamida Mentoufa cache 5 autres sens non moins obscurcis par le dernier événement de Casablanca. L’incendie de l’usine à Lissasfa a causé 56 victimes et le chagrin d’un peuple. Lamèche ignorait que les marocains étaient férus de DVD à ce point, après ‘‘Kenitra Prison Break’’, même Harry Potter est singé avec ‘‘Lissasfa Brothers et la coupe de feu’’ ! Notre amie est tellement peinée qu’elle ne sait pas à qui elle doit adresser ses condoléances. Condoléances ? Pourquoi faire alors que le mal est fait, que ces gens sont morts stupidement ? C’est une forme de terrorisme… d’ailleurs tout le monde méconnaît le vrai ‘‘génocideur’’ des ouvriers. Des fenêtres grillagées, des issues de secours fermées pour soi-disant éviter les vols (c’est vrai qu’un matelas c’est plus important que la vie de celui qui le confectionne), des salarié(e)s en noir, des extincteurs inexistants (du moins, vides) et des portiers frileux… Avec un tel décor, Hamida ne reconnaît pas l’usine, la description ressemblerait plus à un bordel s’il y’avait une douche.
Si tout ça est à cause d’une clopinette, Hamida aimerait bien savoir de quelle marque s’agit-il et qu’elle puisse retrouver le mégot… T’imagines ? Ça sera la clope la plus criminelle et la plus célèbre de l’histoire du Maroc ! Le tabac tue une personne toutes les 56 secondes mais visiblement il peut aussi éteindre 56 vies en 56 minutes. Alors qu’il suffisait peut-être d’isoler et de couvrir les matières inflammables et de mettre plus de cendriers !
Hamida Mentoufa voudrait être élue ministre de la sécurité nationale pour mettre son huile dans le feu du paysage décisionnel parce qu’elle arrive avec une idée novatrice… dorénavant tout employé-fumeur bossant dans une usine ou dans une petite et moyenne entreprise doit circuler avec un nouveau dispositif anti-incendiaire que notre ingénue nommera, PME : Un Porte-Mégot-Extincteur (Pardon, c’est quand le dernier délai pour Challengers ?). Maintenant, l’usine de matelas est brûlée et ses cendres serviront, aussi bien aux patrons et aux officiels, de leçon à retenir pour mettre en place des conditions de travail dignes et élémentaires pour permettre à ces anonymes de fabriquer sur quoi on peut tous dormir tranquille.
En ce qui concerne la plausibilité d’un court-circuit comme déclencheur de l’incendie, Hamida Lamèche est imparable à ce sujet… ‘‘Ben pour un immeuble de 600 m2, Je suis désolée mais ils n’avaient qu’à prévoir un long circuit !’’.
Parlons de circuit, Mentoufa ne sait plus vers quel trajet s’orienter. En fait, elle a fermé les yeux et a commencé à roupiller à force de méditer à propos de sa journée et de notre chaude (et triste) affaire. Soudain elle entend, ‘‘Narrriiiii Hamida, attention y’a le feu, C’est le feuuu !’’ s’écria Tissouwa. Effrayée, La pauvre Mida se ressaisit comme elle peut, Notre amie était entrain de rêver qu’elle faisait l’amour avec monsieur propre déguisé en extincteur. (Vous comprenez donc qu’elle revient de loin lorsqu’ on lui crie qu’il y’a le feu !) Lamèche fait remarquer à sa copine qu’il n’y a pas vraiment d’incendie !
Tissouwa : ‘‘T’es folle ? Ne perds pas les pédales pétasse t’es entrain de conduire, j’te parle du feu rouge, LLà’’.
Un frein sec grinçant (et un airbag décoiffant) évite à nos deux amies de finir Kefta, cuisinée par un bus qui survenait.
Les mains tremblotantes sur le volant de sa titine, Hamida se gare pour vérifier si elle est toujours ‘‘brune’’. Elle prend une cigarette et l’allume avec un joli zippo histoire de reprendre ses esprits et d’oublier cette p’tite panique ! Le gratin capillaire reprend et Mentoufa est obligée de gratter sa tête (sur)garnie au gel. Très ‘‘Lucide’’ qu’elle est, elle le fait avec la main qui tenait encore le zippo.
Suivez mon regard et pleaze éteignez le feu !